clavecinClavecin

Origines du clavecin
L'origine du clavecin remonte au Moyen Âge : il est une évolution du psaltérion auquel a été adapté un clavier. Le clavecin est connu en Europe dès le XVème siècle. Le plus ancien modèle connu, construit par Jérôme de Bologne, est conservé au Victoria and Albert Museum à Londres et dâte de 1521 (précédé d’une épinette, datant de 1493).

L'Italie est le siège de la plus importante production, avec des clavecins légers, à un seul clavier, qui demeurent les instruments de musique de chambre par excellence. Vers les années 1580, l'école flamande, sous l'impulsion de Hans Ruckers, construit des instruments plus solides, plus puissants, plus nobles. Ces clavecins inspireront les écoles françaises et allemandes dans leurs propres factures.

Au XVIIème et XVIIIème siècles, porté à son apogée de part sa facture et ses compositeurs, le clavecin devient l'instrument roi et est joué dans les châteaux et palais, chez les nobles comme les riches bourgeois. Il est utilisé comme instrument soliste, concertant ou assurant le continuo*. Son répertoire est  immense et d'une très grande diversité. Il va d'Antonio de Cabezon, né en 1510, à William Byrd, en passant par Jan Pieterszoon Sweelinck, Girolamo Frescobaldi, Louis et François Couperin, Jean-Sébastien Bach et ses fils, Georg-Friedrich Händel, Dominico Scarlatti, Jean-Philippe Rameau, Jean Baptiste Lully, Wolfgang-Amadeus Mozart, Joseph Haydn……jusqu'à Claude-Bénigne Balbastre, mort en 1799. Mais c’est quelques années avant, avec l'apparition du pianoforte et la révolution française de 1789 que son déclin commence, le clavecin étant considéré comme le symbole de l'Ancien Régime. clavecin

Oublié pendant quelques années à l'époque romantique, son renouveau est dû au travail des restaurateurs, facteurs d'instruments, musiciens, éditeurs et musicologues. Depuis le début du XXème siècle, de nombreux compositeurs écrivent pour lui tels que Manuel de Falla, Francis Poulenc, György Ligeti, Iannis Xenakis… La claveciniste polonaise Wanda Landowska (1879-1959) a été l'une des pionnières du renouveau du clavecin et de la redécouverte de la musique ancienne qu'elle jouait sur des clavecins Pleyel, conçus pour elle.

C'est après la seconde guerre mondiale qu'un retour progressif à la facture authentique et à la recherche de l'interprétation (par la lecture des partitions et traités) s’opère, grâce aux facteurs et musiciens passionnés. Aujourd'hui, de nombreux facteurs construisent des copies d'instruments anciens.

Facture du clavecin
Le clavecin est un instrument en bois à un ou deux claviers et à cordes pincées. Son étendue varie généralement de 4 octaves et demie à 5 octaves, soit de 56 à 61 notes. Il est en général décoré. Sa taille est très variable, certains clavecins italiens peuvent mesurer jusqu’à 2m70.

La caisse de résonance est le plus souvent en chêne. Sur sa partie supérieure se trouve la table d'harmonie sur laquelle reposent les cordes (en fer, laiton, cuivre ou bronze). Les vibrations des cordes sont transmises à la table d'harmonie qui joue un rôle d'amplificateur et qui consiste en une lame de bois très mince (entre 2,2 mm et 4,2 mm) occupant presque toute la surface de l'instrument. Cette transmission se fait par l'intermédiaire du chevalet, pièce de bois dur qui est collée sur la table d'harmonie et sur laquelle sont tendues les cordes. La cavité de la caisse sert de résonateur. On trouve généralement une rosace qui orne l'ouïe.

clavecinConcerts privés, concert privé, concert, privé, comité dentreprise, cocktail, concert à domicile, fêtes, mariage, décès, anniversaires, concerts éducatifs, éducation nationale, concert éducatif

Le mécanisme de base du clavecin est le sautereau. Lorsqu'on enfonce une touche du clavier - pour le clavecin, on parle plutôt de "levier" -, on soulève un sautereau en bois muni d'une languette sur laquelle est disposé un bec ou plectre (autrefois en plume  de corbeau, aujourd’hui en plastique) qui pince (ou soulève) la corde. Derrière ce bec se trouve un système de ressort qui lui permet de redescendre sous la corde lorsque le claveciniste lâche la touche. L'étouffoir, en drap de laine, vient alors se poser sur la corde pour arrêter le son. 

clavecinChaque touche peut actionner un ou plusieurs sautereaux correspondant à différentes façons de pincer la corde (il y a donc plusieurs rangées de cordes pour une même touche actionnée).  Ces "jeux" ou registres sont mis en oeuvre le plus fréquemment en actionnant des tirettes qui sont situées sur les côtés du clavier, mais aussi en appuyant sur des pédales - sur les clavecins anglais du XVIIIème et sur les clavecins du XXème siècle. Ceci permet de varier les timbres et l'ampleur du son.

Selon les clavecins, on trouve donc : 
- un jeu fondamental ( le "8 pieds") 
- un jeu à l'octave supérieur (le "4 pieds")
- un jeu à l'octave grave (le "16 pieds")
- un jeu de luth (réglette munie de petits morceaux de feutre ou de cuir souple qui, poussés contre les cordes, étouffent le son)
- un jeu de nasal (adoucissant les sons par une attaque différente de la corde)
-un jeu de buffle (les sautereaux sont équipés de plectres tendre produisant une sonorité douce et chaude). 


Il existe d'autres instruments qui fonctionnent sur le même principe que le clavecin mais qui sont de dimensions plus modestes, avec en général un seul clavier, un seul rang de cordes et environ quatre octaves. Ces derniers furent conçus à l'origine pour un usage familial : 

L'épinette
clavecin
 
Le virginal
Virginal


* le continuo désigne une pratique d'improvisation à partir d'une basse écrite chiffrée ou non. Le claveciniste   réalise cette basse, c'est-à-dire complète l'harmonie, en fonction des chiffrages et des parties de dessus. Le continuo représente 90/100 du répertoire du claveciniste.